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Une invitation à imaginer et à réaliser des projets avec la jeunesse du 21e siècle.

Lire la Charte

18-XXI prend pour point de départ symbolique l’entrée dans la majorité des premiers enfants du siècle, nés après 2000.

 

18-XXI propose de construire, de réinventer et de questionner, par la force de l’art et de la culture, un territoire commun, humain. Pour accompagner le siècle qui naît et fédérer autour de la jeunesse. A l’origine de 18-XXI, il y a la prise de conscience d’un contexte global partagé : la montée des nationalismes et des extrémismes, l’urgence climatique, les enjeux migratoires.

 

Face aux tentations de repli, un ensemble d’artistes, de scientifiques et de philosophes réuni par Emmanuel Demarcy-Mota au Théâtre de la Ville-Paris a écrit un texte fondateur, la Charte 18-XXI, pour définir des valeurs communes à partir desquelles inventer des actions concrètes. Annoncée en 2018 à Lisbonne et à Florence, puis en 2019 à Rome et à Paris, la Charte sera présentée dans d’autres villes d’Europe et du monde. C’est un appel lancé à devenir partenaire de 18-XXI.

 

Être partenaire, c’est être le relai de ses valeurs et en proposer des applications : les projets 18-XXI. Des projets créatifs qui associent des jeunes nés au 21e siècle ; qui génèrent des passerelles entre des générations, des disciplines, des territoires, des langues ; qui inventent de nouveaux espaces d’échange et de dialogue.

 

Découvrez ces initiatives et laissez-vous inspirer.

Inspirations

18-XXI se nourrit de multiples inspirations : des oeuvres, des poètes, des rencontres, des découvertes.

Jean Cocteau s’adresse à l’an 2000, 1962

1962, villa Santo Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Jean Cocteau, 73 ans, adresse un long message à l’an 2000. En voici quelques extraits :

“J’espère que vous n’êtes pas devenus des robots et qu’au contraire vous serez très humanisés, c’est ça mon espoir. Mais je ne sais pas du tout qui vous êtes, ce que vous pensez, ce que vous faites, je ne sais pas la danse que vous dansez, à l’heure actuelle la danse qu’on danse s’appelle le twist.(…)

Actuellement, la jeunesse est entre deux chaises. Elle a perdu cette humanité qui était la nôtre et elle n’est pas encore robotique. C’est pourquoi on accuse toujours les jeunes d’être très tristes, d’être très inquiets, c’est tout à fait normal. Vous connaissez certainement le grand peintre qui s’appelle Picasso, et Picasso me disait : “On met très longtemps à devenir jeune”. Et il avait raison, en ce sens qu’un jeune ne connaît pas encore la route, il se demande où il va aller, s’il va aller à droite ou à gauche, il est inquiet, il est donc vieux. Et peu à peu, on prend sa route, on ne fait plus d’auto-stop – je ne sais pas si ce mot a encore un sens chez vous, voilà ce que c’est : on se met au bord de la route, on fait un signe et on s’embarque dans une voiture qui n’est pas la sienne et dans une vitesse qui n’est pas la sienne. Les jeunes gens disent : je vais très vite, mais ils ne vont pas vite car ils sont dans une voiture qui n’est pas la leur. (…)

Nous sommes à une époque de recherche, de tâtonnement, et nous sommes sur une route absolument inconnue. Peut-être maintenant êtes-vous… je ne dis pas “assis”, parce que la jeunesse ne doit jamais être assise, mais il est possible que vous soyez solides sur vos jambes alors qu’actuellement on ne peut pas reprocher à la jeunesse de s’amuser, parce qu’elle ne sait pas au juste ce qui a eu lieu, et elle ne sait pas vers quoi elle s’engage.”

 

 

 

Frères migrants – Déclaration des poètes, Patrick Chamoiseau, 2017

L’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau lance un appel de solidarité avec les migrants du monde. Une « Déclaration des poètes » comme invitation à la résistance devant l’intolérance, le racisme, la xénophobie et l’indifférence à l’autre.

Un extrait de l’article 5 de la Déclaration des poètes :

“Les poètes déclarent qu’aller-venir et dévirer de par les rives du monde sont un Droit poétique, c’est-à-dire : une décence qui s’élève de tous les Droits connus visant à protéger le plus précieux de nos humanités ; qu’aller-venir et dévirer sont un hommage offert à ceux vers qui l’on va, à ceux chez qui l’on passe, et que c’est une célébration de l’histoire humaine que d’honorer la terre entière de ses élans et de ses rêves.”

Voir le texte intégral

 

 

Voeux adressés à l’Humanité, Stephen Hawking, 2015

En 2015, l’astrophysicien Stephen Hawking adresse ses voeux à l’humanité. En voici un extrait :

« La raison pour laquelle je m’adresse à vous aujourd’hui c’est pour ajouter ma voix à ceux qui veulent une action immédiate concernant les défis majeurs auquel notre communauté fait face.
J’espère qu’en 2015 les gens au pouvoir feront preuve de créativité, de courage et de leadership. Encourageons les à relever le défi du développement durable et à agir non pas au nom d’un intérêt égoïste mais au nom de l’intérêt de tous.
Je suis bien conscient de la valeur précieuse du temps. Saisissez le moment. Agissez maintenant.
J’ai passé ma vie à voyager dans l’univers à l’intérieur de mon esprit. Par le biais de la physique, j’ai cherché à répondre aux plus grandes questions. Mais il y a d’autres défis, d’autres grandes questions qui attendent un réponse et pour cela nous avons besoin d’une nouvelle génération curieuse, engagée, et qui comprend la science.
Comment nourrir une population sans cesse grandissante? fournir de l’eau potable? Prévenir et soigner la maladie ? Ralentir le réchauffement climatique ?
J’espère que la science et la technologie apporteront des réponses à ces questions. Mais cela nécessitera des hommes, des êtres humains doués de connaissances, portés par une vision, pour mettre en œuvre ces solutions. »

3 mois après sa mort, le 15 juin 2017, un enregistrement réalisé par le compositeur de musique électronique grec Vangelis intégrant la voix synthétisée de Stephan Hawking est envoyé vers le trou noir 1A 0620-00, le plus proche de la Terre, par l’Agence spatiale européenne.

 

 

Pour la réouverture du théâtre de Weimar, Friedrich Schiller, 12 octobre 1978

« Et aujourd’hui en cette fin de siècle grave, où la réalité même se fait poésie, où se déroule sous nos yeux la lutte des puissantes Natures pour l’enjeu décisif, où l’on se bat pour les grandes causes de l’humanité, pour la domination et pour la liberté – aujourd’hui l’art sur sa scéne d’ombres, a le droit lui aussi de tenter un vol plus haut, oui, il doit le faire s’il ne veut pas avoir honte devant la scène de la vie. »

 

 

Mobilité humaine internationale, Charte de Palerme, Léoluca Orlando, 2015

La charte de Palerme présentée en vidéo par Leoluca Orlando, maire de Palerme:

« Un message qui s’adresse à l’Europe et au monde entier. Nous ne devons pas faire face à la migration par le biais d’une approche humanitaire. Nous ne devons pas faire face à la migration par le biais d’une approche sécuritaire. Il s’agit d’un problème juridique. Le migrant a le droit humain de décider de son lieu de vie. Il s’agit d’une approche culturelle, artistique. La migration représente une richesse culturelle et artistique. Il s’agit d’une approche économique. Le migrant est une richesse économique. »

 

Un extrait de la Charte de Palerme:

“C’est l’Europe qui doit lancer un appel fort à la communauté mondiale pour la reconnaissance de la mobilité de tous les êtres humains, à une échelle globale et pas seulement à l’intérieur de l’espace Schengen.

Il est évident que tout cela requiert des modalités et des délais adéquats. Il est par ailleurs évident aussi qu’il est nécessaire d’agir dès à présent ‘’comme si’’ la mobilité était un droit humain inaliénable. Ce qui implique, de manière concrète et inscrite dans la vie quotidienne, la mise en place de normes et de modèles d’organisation radicalement différents de ceux qui sont actuellement en vigueur. Cela éviterait de considérer le migrant comme un danger en soi (comme on le fait aujourd’hui avec des logiques d’urgence) et de se résigner à voir la migration comme une souffrance, en prenant comme alibi la sécurité qui couvre les racismes, les égoïsmes, les tortures et les colonialismes du troisième millénaire.”

Voir le texte intégral de la Charte de Palerme

 

 

«Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes», Pierre Ducrozet, texte paru le 14 février 2019 dans Libération  

Un extrait de l’article :

“Anuna De Wever, 17 ans, l’une des lycéennes qui mènent la fronde, chaque jour plus massive, en Belgique, refuse d’être cataloguée dans un genre. Les frontières se gomment jusque dans ces corps transnationaux, transgenres, transluttes, à l’intérieur desquels tous les fronts naturellement se rejoignent.

‘Je ne veux pas de votre espoir. Je veux que vous paniquiez’, souffle la voix.

Ces enfants nés avec le siècle n’ont pas besoin de l’imagination qui a fait défaut à leurs parents pour comprendre l’ampleur du combat qui sera le leur. Ils ne parlent pas contre ou en faveur, ils parlent à la place de tout ce qui tombe.

Ils savent que le simple sauvetage du navire n’intéresse personne. En revanche, réinventer des modes d’existence, refonder une manière d’être au monde, élaborer un nouveau pacte naturel, une nouvelle éthique, n’est-ce pas passionnant ? Si l’on prend la crise écologique comme une planche d’appel et une occasion d’explorer à nouveau les territoires, de réinvestir le monde autrement, alors on transforme la menace en défi, et la peur en quête.

En pleine crispation sur les frontières, les nations, le local, toutes choses qui ont cessé d’être valides, les enfants du siècle pensent mouvement et globalité ; et la maîtrise des outils numériques leur permet d’essaimer leurs actions avec une vitesse et une efficacité nouvelles.”

Voir l’article complet sur le site de Libération

 

 

Manifeste du surréalisme, André Breton, 1924

« Les menaces s’accumulent, on cède, on abandonne une part du terrain à conquérir. Cette imagination qui n’admettait pas de bornes, on ne lui permet plus de s’exercer que selon les lois d’une utilité arbitraire; elle est incapable d’assumer longtemps ce rôle inférieur et, aux environs de la vingtième année, préfère, en général, abandonner l’homme à son destin sans lumière. »

Voir le Manifeste intégral

 

 

Discours à la jeunesse, Jean Jaurès, 1903

Le 30 juillet 1903, Jaurès s’adresse aux élèves du lycée d’Albi, où il a lui-même été élève, puis professeur quelques décennies plus tôt. Il est alors un personnage officiel : député socialiste de Carmaux, vice-président de la Chambre des députés et personnage clef de la majorité parlementaire.

“Il y a vingt deux ans, c’est moi qui prononçait ici le discours d’usage. Je me souviens que j’avais choisi comme thème : les Jugements humains. Je demandais à ceux qui m’écoutaient de juger les hommes avec bienveillance, c’est-à-dire avec, équité, d’être attentifs dans les consciences les plus médiocres et les existences les plus dénuées, aux traits de lumière, aux fugitives étincelles de beauté morale par où se révèle la vocation de grandeur de la nature humaine. Je les priais d’interpréter avec indulgence le tâtonnant effort de l’humanité incertaine. (…)”

Voir le discours intégral de Jean Jaurès